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jueves, 2 de julio de 2026

La prochaine étape de notre discipline


Pourquoi continuons-nous à enseigner la restauration du patrimoine comme si les grandes doctrines du XIXᵉ et du XXᵉ siècle constituaient l'horizon définitif de notre discipline ? Cette question m'accompagne depuis plusieurs années. Plus j'étudie l'histoire de la restauration, plus je mesure la profondeur des intuitions qui ont fondé chacune de ses grandes traditions : Viollet-le-Duc est l'expression d'une France qui, après la Révolution, cherche dans son architecture médiévale une continuité historique capable de refonder le récit national. Ruskin répond à une Angleterre transformée par la révolution industrielle, où la disparition des paysages anciens nourrit une réflexion nouvelle sur le temps, la mémoire et la valeur des traces. Boito, Giovannoni, Brandi et tant d'autres appartiennent eux aussi à des contextes intellectuels précis, dont les doctrines constituent moins des vérités intemporelles que des réponses d'une remarquable intelligence aux questions de leur époque.

Nous avons admirablement appris à transmettre les réponses. Nous avons sans doute consacré moins d'efforts à transmettre les questions qui les ont fait naître. Comprendre les doctrines de la restauration suppose pourtant de comprendre les sociétés qui les ont produites, leurs débats philosophiques et leurs choix politiques. Une théorie est toujours le produit d'une culture, d'une histoire et d'un contexte.

Les défis auxquels le patrimoine est désormais confronté dépassent largement les cadres nationaux dans lesquels les grandes doctrines se sont constituées. Les effets du changement climatique, la mondialisation des échanges, la circulation des savoirs, les technologies numériques, l'intelligence artificielle, les nouvelles attentes des sociétés et la diversification des patrimoines nous invitent à formuler des questions inédites. Il serait paradoxal de répondre à ces réalités nouvelles uniquement avec des catégories élaborées pour un autre monde, alors même que les maîtres que nous admirons n'ont cessé, en leur temps, d'inventer des réponses nouvelles aux problèmes qui se présentaient à eux.

Je crois que la prochaine étape de notre discipline ne consistera pas à produire une doctrine supplémentaire, mais à organiser un dialogue plus vaste entre les grandes traditions de la conservation. La France, l'Italie, le Royaume-Uni, l'Espagne, l'Amérique latine, l'Afrique ou l'Asie n'ont pas développé des approches concurrentes ; chacune d'elles a appris à penser le patrimoine à partir de réalités historiques différentes. Cette diversité constitue aujourd'hui une richesse intellectuelle considérable. Elle ouvre la possibilité d'une véritable communauté internationale de la restauration, où les écoles ne chercheraient plus seulement à transmettre un héritage national, mais à faire dialoguer des expériences complémentaires afin de former des professionnels capables de comprendre le contexte singulier de chaque intervention.

Louis CERCOS, Paris, juillet 2026.

miércoles, 3 de junio de 2026

La discusión con las academias





















Durante años mi trabajo consistía en intervenir sobre edificios preexistentes y en discutir con las academias. No con la Academia como institución concreta, sino con todas esas academias invisibles que deciden de antemano qué puede ser una restauración correcta, hasta dónde debe llegar una fachada, qué color es admisible, qué gesto resulta prudente, qué material parece noble, qué imagen debe devolver un edificio antiguo a la ciudad. La academia no siempre se presenta como dogma. A veces se disfraza de buen gusto, de prudencia, de respeto, de neutralidad, de “intervención mínima”. Pero muchas veces esa prudencia no protege al edificio: protege el miedo de quien interviene.

Mi trabajo ha nacido casi siempre en el interior de encargos aparentemente modestos. La petición inicial solía ser devolver al edificio una corrección aceptable. Pero precisamente ahí aparecían casi siempre las decisiones culturales. En ese contexto empezó, quizá, mi ruptura silenciosa, en la obstinación de llevar cada operación un poco más lejos de lo que el encargo pedía.

Las academias suelen preferir las categorías limpias. Conservación o creación. Memoria o modernidad. Continuidad o ruptura. Oficio o concepto. Patrimonio o proyecto. Mi experiencia me ha enseñado exactamente lo contrario: que las obras interesantes nacen cuando esas categorías empiezan a contaminarse. Una fachada puede ser restaurada y, al mismo tiempo, intensificada. Un edificio puede conservar su memoria y recibir una lectura contemporánea. Una intervención puede ser técnicamente impecable y conceptualmente desobediente. La verdadera ruptura no siempre consiste en destruir la forma heredada, sino en demostrar que esa forma contenía más posibilidades de las que la mirada académica estaba dispuesta a admitir.

Por eso me interesan tanto las cartografías de daños, los estudios cromáticos, los ensayos materiales, los levantamientos minuciosos, las hipótesis alternativas. No como instrumentos burocráticos, sino como armas críticas. La academia cree que esos documentos sirven para justificar una solución. Yo cada vez estoy más convencido de que sirven para abrir el conflicto. Visto así, mis intervenciones más arriesgadas fueron aquellas en las que una técnica aparentemente conservadora permitió introducir una desviación.

La restauración académica tiende a producir edificios correctos. La restauración que me interesa debe producir edificios despiertos, arquitecturas capaces de volver a intervenir en el presente. En ese sentido, la técnica no es el límite de la imaginación, sino su condición más radical. Ahí está, para mí, la verdadera ruptura de las academias. No en negar la tradición, sino en impedir que la tradición sea administrada por los guardianes del miedo.

Louis CERCOS, París, junio 2026.

domingo, 22 de marzo de 2026

Pourquoi un architecte devrait lire l’Iliade et l’Odyssée ? (1/10)



On dit souvent qu’un architecte doit lire, mais on explique rarement pourquoi, ni quels livres participent réellement à sa formation profonde. Je crois que certains textes n’arrivent pas après l’architecture, comme un supplément de culture, mais avant elle, presque à sa source. C’est le cas de l’Iliade et de l’Odyssée. Car chez Homère, l’architecture est liée à la guerre, au voyage, à l’hospitalité, à la mémoire, à la ruine, au retour et à la fondation d’un ordre habitable.

Lire Homère en architecte, c’est comprendre que la ville, la muraille, le campement, la nef, la salle, le seuil, la maison et même le lit appartiennent encore à un même monde de significations. L’Iliade est un poème de la cité menacée. L’Odyssée, celui de la maison, du retour et de la reconquête d’un ordre domestique légitime. Entre les deux se déploie presque tout ce qui fonde notre discipline : la protection, la limite, l’enracinement, la technique, la vulnérabilité des œuvres et leur rapport au temps.

Dans l’Iliade, Troie n’est pas un simple décor. Elle est définie par ses murailles, par ses portes, par cette tension constante entre l’intérieur et l’extérieur, entre ce qui protège encore et ce qui peut être franchi, violé, détruit. Le rempart n’est pas seulement un élément technique. Il est la forme visible d’une limite donnée à la vie humaine, la séparation entre un ordre habitable et la violence du dehors. Il exprime une décision collective de défendre ce qui mérite de l’être. La porte, elle aussi, mérite d’être lue comme un fait architectural majeur. Elle est le point critique où la ville entre en relation avec le monde extérieur, là où se croisent le passage, le risque, le contrôle, l’attente, le combat et parfois le destin. Elle rappelle que l’architecture ne consiste jamais à fermer absolument, ni à ouvrir naïvement, mais à régler avec justesse la relation entre protection et exposition.

C’est peut-être là l’une des premières grandes leçons d’Homère. Construire, dans son sens le plus profond, est instituer une limite juste. C’est décider ce qui doit être protégé, ce qui peut entrer, ce qui doit rester à distance, et sous quelles conditions un monde humain peut encore se maintenir face à ce qui le menace.

Dans les prochaines publications, je reviendrai sur le camp grec et les nefs comme architecture provisoire née de l’urgence, sur le bouclier d’Achille comme représentation condensée du monde, sur Ithaque comme figure du foyer légitime, sur l’hospitalité comme épreuve spatiale et morale, sur le radeau d’Ulysse comme intelligence technique en acte, puis sur le lit d’olivier, l’un des plus beaux passages architecturaux de toute la littérature occidentale. J’essaierai ainsi de montrer qu’Homère peut encore être lu comme un traité antérieur aux traités, un lieu originel où l’architecture n’est pas séparée des grandes conditions de l’existence humaine.

Louis CERCOS, Condé-sur-Risle, mars 2026.

miércoles, 20 de noviembre de 2024

Neocolonialismo tecnológico, UNED, Luis Cercos, conservador de patrimonios


Las clases que imparto dentro de la asignatura "Neocolonialismo tecnológico" pueden definirse como un espacio reflexivo y crítico en el que se fomenta la interacción entre tradición e innovación. Desde mi experiencia como conservador de patrimonio, transmito a mis alumnos la importancia de abordar las nuevas tecnologías con una perspectiva ética y cultural, enfatizando que el patrimonio no es solo un objeto de intervención técnica, sino un legado vivo que requiere reflexión profunda y respeto por su contexto histórico.

Mis sesiones destacan por:
Un enfoque humanista: A través de referencias a pensadores como Nuccio Ordine, pongo en valor la importancia de la cultura, la tradición y las "cosas esenciales" frente a una visión puramente utilitaria o comercial de las tecnologías aplicadas al patrimonio.
Un equilibrio entre tecnología y humanidad: Promuevo una visión integradora en la que la tecnología es una herramienta al servicio del patrimonio, que nunca debe sustituir a la capacidad crítica y creativa del ser humano.
Participación activa y colaborativa: Estimulo a los alumnos a trabajar conjuntamente, incluyendo tanto la inteligencia humana como la artificial, fomentando un diálogo entre ambas como una vía para el aprendizaje y la innovación.
Análisis de riesgos y oportunidades: Alerto sobre los peligros del neocolonialismo tecnológico, donde la adopción indiscriminada de tecnologías podría imponer modelos externos y dañar la autenticidad cultural. Al mismo tiempo, presento ejemplos donde la tecnología bien aplicada ha generado beneficios significativos.
Una enseñanza basada en el pensamiento crítico: mis clases no son simplemente un espacio para transmitir conocimientos técnicos, sino un foro donde los estudiantes cuestionan y debaten cómo las tecnologías pueden impactar positiva o negativamente en el patrimonio cultural y en las comunidades que lo gestionan.
En resumen, intento que mis clases sean un modelo de enseñanza interdisciplinaria y crítica que sitúe al alumno como un agente reflexivo y ético en el campo del patrimonio cultural.

Luis CERCOS, 2024

miércoles, 29 de julio de 2020

Tempus fugit


A veces pienso que mi generación es eso que se llama "fin de raza", en el buen significado de la palabra "raza", características que definen a algunas cosas, profesiones o generaciones. Supongo que para bien, todo ha cambiado irreversiblemente desde aquella lejana primera vez en la que cargué mi primer tiralíneas con tinta china, o aquel día en el que fui con mi abuelo a comprar mi primer tablero profesional de dibujo, o en el momento en que un regalo de mi padre, un estuche de estilógrafos calibrados Staedtler 700 Mars Matic, cambiaría mi vida para siempre. Útiles de dibujo que terminarían marcando mi decisión de formación profesional. Plantillas de curvas, escuadras y cartabones, "picos de pato", transportadores de ángulos, tecnígrafos, paralex, reglas de T, plantillas de rotular, mi vieja maquina de rayar, cangrejos. Aun conservo mucho de todo eso.

domingo, 28 de junio de 2020

Une barbe qui blanchit à vue d’œil (15 mai 2017- 28 juin 2020)



La barbe qui blanchit à vue d’œil comme métaphore de la restauration architecturale. Comment respecter le passage du temps lorsque l'on travaille sur la restauration de bâtiments et de monuments ? Cette sensibilité particulière va encourager deux approches dissemblables en matière de restauration. Pour la première, restaurer c'est remettre dans l'état originel. La seconde approche tend à faire de l'empreinte même du passé une part intégrante de l'objet. L'œuvre d'art, aussi l’objet architectural, intègre deux composantes essentielles : esthétique et historique liées à sa qualité de produit humain, en un temps et un lieu déterminés. Le restaurateur donne sens aux signes : il éduque notre regard à l'objet préservé dans son authenticité. A partir d'aujourd'hui, si quelqu'un voulait raconter la vie de Monsieur le Premier Ministre, avant et après son mandat, dès les gilets jaunes jusqu’au covid-19, on ne peut pas effacer les cheveux blancs de leur barbe. Et ce qui vaut pour expliquer une vie, vaut aussi pour les monuments historiques, y compris Notre-Dame de Paris.

Luis CERCOS, restaurateur en architecture depuis 1991.

jueves, 25 de junio de 2020

Sumer, il y a 5000 ans


Un plan d'une maison dessiné sur terre battue il y a 5000 ans par les Sumériens. 
A house plan drawn on clay 5,000 years ago by Sumerians.

miércoles, 8 de abril de 2020

Jean-Paul Philippon, architecte

Quels conseils donneriez-vous à un jeune étudiant en architecture ?

– ne jamais cesser de dessiner à la main et d’écrire ;
– être toujours plus curieux et affûter son regard sur toutes choses ;
– essayer de comprendre quelle est l’essence de la beauté ; 
– découvrir les bonnes proportions ;
– essayer de comprendre pourquoi il y a des lieux où l’on se sent bien ;
– toujours douter des solutions trop faciles ;
– avoir confiance en soi-même et se méfier autant des solutions stéréotypées (des entreprises, des clients, des autres) que des normes… mais savoir les écouter avec humilité ;
– développer sa sensibilité tout en gardant un jugement critique et rationnel ;
– être soi-même et ne pas se laisser envahir par l’esprit du temps et la culture de l’émotion ;
– considérer l’actualité de toutes les architectures du passé ;
– être inventif avec l’existant ;
– se méfier du formalisme ;
– se forger une éthique solide et sur chaque projet une règle du jeu adaptée au contexte ; 
– considérer avec autant de soin la syntaxe que le vocabulaire ;
– user subtilement de l’harmonie et du contraste ;
– considérer les liens de solidarité entre les architectures dans la ville ; entre les parties dans le tout
– respecter les traces du passé et travailler pour l’avenir durable et pérenne de toute chose construite ;
– et ayant gagné en expertise, toujours revendiquer un rôle de conseil, d’anticipateur de problèmes, voire de lanceur d’alerte, auprès des citoyens et de leurs représentants.

jueves, 16 de enero de 2020

Vardehaugen, Norway




La oficina noruega "Vardehaugen" creó una serie de dibujos a escala real de sus proyectos en su propio patio trasero. Algo obvio que nunca se hace. Los clientes, en la mayoría de las ocasiones no son arquitectos. Esta iniciativa -reservada en la mayoría de las ocasiones al primer día de la obra- es obvia. Algo así como el "huevo del Colón". Source: http://vardehaugen.no/


miércoles, 11 de diciembre de 2019

Fernando Chueca Goitia (1911-2004)










Tuve la suerte de escuchar a D. Fernando Chueca Goitia (1911-2004) en varias ocasiones. Me encantaba oírle improvisar, su erudición era siempre sorprendente, casi inverosímil. Fue profesor y luego catedrático de Historia de la Arquitectura en la Escuela de Arquitectura de Madrid desde 1954 hasta su jubilación. Cuentan los que asistieron a aquellas clases que era un espectáculo cuando se levantaba, agarraba una tiza y comenzaba a dibujar sobre la pizarra las plantas o los alzados de los edificios sobre los que hablaba ese día. 

Estas dos ultimas semanas he estado sumergido en su obra, quizá, la mas importante, una obra insuperable y todavía de juventud (Los invariables castizos de la arquitectura española, primera edición 1947). El texto sigue sorprendiendo, lectura obligada para los que nos dedicamos a ésto. 

Pero me han maravillado los dibujos. Sencillos y claros. Suficientes para explicar lo que el maestro quería transmitir con el texto. Decía lo siguiente sobre "dibujar" a D. Fernando en conversación con Antonio Fernández-Alba (otro maestro, por cierto, a quien tuve de profesor en la Universidad de Alcalá): "Para mí siempre ha sido un deleite, en mi modestia, agarrar el lápiz, empezar a dibujar y saber fundamentalmente para dónde hago esto". 

lunes, 26 de agosto de 2019

Marriage watches



A "marriage watch" is a timepiece that has "married" an older object. It's a pochet watch converted into a wristwatch combining an original movement with other original or non-original parts. 

jueves, 30 de mayo de 2019

La grammaire de l'Architecture (II)


L'Arc de Constantin, Rome, vers 315 après JC. (Cl. Photographie : De Livioandronico2013 - Trabajo propio, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=59722241)


Loggia del Capitanio ou Palazzo del Capitaniato, Andrea Palladio, 1571-1572

L'Arc de triomphe du Carrousel, Paris, 1809 / Photographie : 1914-1918, Par Yanterrien — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=17452205)

La grammaire de l'architecture (I)






Photographies 1 et 2 : Alberti, façade de l'église Santa Maria Novella, Florence, 1458-1479
Photographies 3, 4 et 5 : Vignola et Giacomo della Porta, façade de l'église du Gesù, Rome, 1571-1575.