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martes, 31 de marzo de 2026

Avril sera, dans mes publications LinkedIn, le mois des bibliothèques.




Depuis mon arrivée à la Bpi • Bibliothèque publique d'information, en mai 2021, une part essentielle de mon travail s’est concentrée sur l’architecture bibliothécaire. J’y ai confirmé une conviction ancienne, devenue pour moi presque un principe : intervenir sur une bibliothèque, qu’il s’agisse d’un projet neuf ou d’une rénovation, c’est travailler sur les conditions matérielles de conservation, de transmission et de lisibilité du patrimoine intellectuel de l’humanité.

Une bibliothèque n’est pas un simple équipement culturel. Elle est le lieu où une civilisation rassemble ce qu’elle a jugé assez précieux pour être sauvé de l’oubli. Elle protège, sous une forme matérielle, un patrimoine d’abord immatériel : des idées, des récits, des croyances, des poèmes, des visions du monde. L’Épopée de Gilgamesh, l’Iliade et l’Odyssée, le Mahabharata, le Popol Vuh. Tous ces textes furent d’abord portés par une transmission vivante. Et rien ne nous garantit qu’un jour ils ne devront pas, de nouveau, traverser le temps dans une forme orale, comme dans Fahrenheit 451.

C’est peut-être pour cela que la bibliothèque me touche à ce point. Parce qu’elle est à la fois un édifice, une institution, une promesse politique et une forme construite de confiance dans l’avenir. On y conserve ce que l’on ne veut pas voir mourir, mais on y prépare aussi ce qui pourra renaître plus tard.

Pendant les trente jours d’avril, je publierai ici diverses pages d’un travail très personnel auquel je donne un titre presque utopique : La bibliothèque parfaite. J’y poursuis une idée simple en apparence, mais redoutable dans ses conséquences : réduire à une pièce de 4 mètres sur 4 une bibliothèque idéale de mille livres. Mille seulement. Mille livres à sauver, à transmettre, à emporter peut-être dans une arche très pauvre ou dans une nef très lointaine, à la recherche d’âmes encore capables d’y reconnaître quelque chose de nous-mêmes.

Au fil du mois, je parlerai des premières bibliothèques de l’Antiquité, des premiers bibliophiles, des grands collectionneurs, des lecteurs dévorés par leur passion, des hommes que les livres ont élevés, consolés, obsédés ou ruinés. Car il existe aussi une folie des livres. Une maladie du livre. Une forme grave, parfois presque mortelle, de fidélité à l’écrit.

Mais cette série ne sera ni nostalgique ni décorative. Elle sera une réflexion sur la nécessité contemporaine des bibliothèques, sur leur dignité architecturale, sur leur rôle civique et sur leur gravité symbolique. Car une société qui ne sait plus construire, protéger ou réinventer ses bibliothèques est peut-être déjà une société qui consent à perdre une part d’elle-même.

Pour moi, ce mois sera aussi une manière de revenir publiquement à l’un des centres les plus profonds de mon travail : penser l’architecture comme l’un des instruments matériels de la conservation de l’esprit humain.

Louis CERCOS, Paris, 31 mars 2026.

miércoles, 21 de enero de 2026

Bibliotecas de lectura pública (la Bpi Lumière, Jorge Luis Borges y Gerardo Diego)











La biblioteca finita: Borges, el patrimonio intelectual y el arte de elegir. El 21 de enero de 1980, España otorgó el Premio Cervantes ex aequo a Jorge Luis Borges y Gerardo Diego. Dos escritores muy distintos, unidos ese día por una misma pregunta de fondo: qué hacemos con la herencia intelectual que recibimos. Si hay un hilo conductor para pensar esa cuestión, es Borges.

Borges imaginó en La Biblioteca de Babel una biblioteca infinita que contiene todos los libros posibles: todas las verdades, todas las falsedades, todas las combinaciones imaginables de signos. Una biblioteca total y, precisamente por eso, inútil. En ella, el conocimiento se pierde por exceso; la verdad se vuelve indistinguible del ruido. La acumulación absoluta conduce al silencio.

La lección es actual: una biblioteca no vale por su tamaño, sino por su sentido.

Por eso, cualquier obra de construcción, transformación o reorganización de una biblioteca es, en realidad, una obra de conservación del patrimonio. No del patrimonio material, sino del patrimonio intelectual de la humanidad. Las bibliotecas no son almacenes neutros: son instituciones que ordenan, jerarquizan, actualizan y transmiten. Son máquinas culturales al servicio de la lectura y del pensamiento.

En una biblioteca de lectura pública, la acumulación indiscriminada no es una virtud. Lo es, en cambio, la pertinencia, la actualización y el acceso real. De ahí que el désherbage —la eliminación razonada de libros obsoletos, deteriorados o que ya no cumplen función— no sea una forma de destrucción, sino una tarea esencial de conservación activa. Como en la restauración arquitectónica, conservar implica también retirar, para que lo que permanece pueda respirar y seguir vivo.

Una biblioteca infinita es un archivo muerto. Sin embargo, una biblioteca finita y bien pensada es un organismo en movimiento.

Restaurar fondos bibliográficos no consiste solo en consolidar lomos o limpiar papel. Supone diagnosticar, reintegrar, actualizar y asumir el presente sin nostalgia. Borges lo habría entendido perfectamente: el exceso de memoria puede ser tan paralizante como el olvido. Frente al vértigo de lo infinito, la biblioteca real debe aceptar sus límites. Y en esos límites encuentra su fuerza.

Y ahí aparece Gerardo Diego, como colofón necesario. Si Borges nos advierte del peligro del infinito, Diego nos recuerda la medida, la tradición que se renueva en cada lectura, el canon que no se fosiliza porque vuelve a decirse. Donde Borges traza el laberinto, Diego habita el poema. Donde uno teoriza el exceso, el otro encarna la lectura viva. Ese diálogo explica mejor que ningún discurso aquel Premio Cervantes compartido.

Recordar esta efeméride es recordar que toda biblioteca es una elección. Conservar es decidir y el patrimonio intelectual no se protege acumulándolo todo, sino haciendo posible que al menos algo sea leído, comprendido y transmitido.

Fotos: Bpi Lumière (2023, proyecto; 2024-2025, DF, Luis Cercos).

martes, 18 de marzo de 2025

Quand les commissaires-priseurs sous-estiment leurs lots



Aujourd’hui, en parcourant un forum de bibliophiles, je suis tombé sur un cas fascinant qui illustre bien la complexité du métier de commissaire-priseur et les surprises que peuvent réserver les ventes aux enchères.

Un acheteur a remporté un livre illustré de Balzac, estimé à environ 200€, mais l’annonce précisait qu’un autre ouvrage lui était "joint". Rien d’exceptionnel a priori... Sauf que le livre ajouté n'était autre qu'une édition originale du Siècle de Louis XIV de Voltaire, imprimée sous un pseudonyme en 1751, avec une fausse adresse à Berlin. Reliée en maroquin rouge par le grand relieur Kauffmann-Horclois, cette pièce rare et précieuse vaut facilement 800€ ou plus.

Pourquoi un commissaire-priseur joindrait-il un ouvrage aussi prestigieux à un lot de moindre valeur, sans même le signaler en photo ? Plusieurs hypothèses : une erreur de catalogage, un manque d’expertise en livres anciens ou encore la volonté de rendre un lot plus attractif. Mais dans ce cas précis, il semblerait que le vendeur (et l’expert de la vente) n’ait pas identifié la vraie valeur du Voltaire.

Moralité ? Pour les bibliophiles avertis, les ventes aux enchères restent une mine d’or… et parfois, les meilleures trouvailles viennent d’une simple mention "on y joint".

Avez-vous déjà vécu une expérience similaire en salle des ventes ?

LC, Paris, 2024. 

lunes, 17 de marzo de 2025

Bibliothèque de la familie Borghèse La Rosa (Maison Robespierre, Le Marais, Paris)

 













Luis Cercós (Madrid, 1965) est conservateur du patrimoine et restaurateur d’architecture, avec plus de 33 ans d’expérience et plus de 500 interventions menées en Amérique du Sud, Afrique du Nord et Europe. Depuis 2021, il est conservateur des espaces architecturaux et chef de projets bâtimentaires à la Bibliothèque publique d’information du Centre Georges Pompidou à Paris, où il pilote le projet de restauration et d’aménagement des espaces publics et de travail. Parallèlement, il enseigne à la UNED, où il dispense le cours Néocolonialisme technologique, une réflexion critique sur l’impact des nouvelles technologies dans la conservation du patrimoine.

Sa vision de la restauration ne se limite pas aux monuments et aux bâtiments historiques. Il mène également un ambitieux projet de reconstruction de la bibliothèque de la Maison La Rose, constituée en grande partie des fonds de la famille Borghèse La Rosa de Montevideo (Uruguay), dans le cadre de la restauration de la Maison Robespierre, en Le Marais, à Paris. Ce projet s’inscrit dans une démarche plus vaste de récupération et de restauration des volumes orphelins de L'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert. Appliquant à ces ouvrages les mêmes principes que dans la conservation architecturale – diagnostic de l’état, consolidation, réintégration et intervention minimale – il assure leur préservation dans des coffrets personnalisés qui respectent leur histoire. Bien plus qu’un travail de sauvegarde matérielle, cette entreprise vise à redonner une cohérence et une unité à une œuvre fondatrice de la pensée des Lumières et de l’histoire intellectuelle européenne.

Dès son origine, ce projet de bibliothèque patrimoniale s’est imposé comme l’un des trois axes majeurs de sa carrière, aux côtés de la conservation architecturale et de son enseignement à la UNED. Cette bibliothèque n’est pas une simple collection de livres, mais un projet de conservation, de restauration et de mise en valeur du legs encyclopédiste, avec l’ambition de constituer une Bibliothèque Parfaite de 1 000 volumes, dont environ 40 % sont consacrés aux sources ayant inspiré L'Encyclopédie, ainsi qu’aux différentes éditions de l’œuvre, certaines complètes, d’autres fragmentaires. Ce fonds inclut également les volumes de planches dans leurs différents formats (in-folio, in-quarto, in-octavo), les falsifications, ainsi que les éditions fac-similées postérieures, parmi lesquelles se distingue l’édition prestigieuse de Franco Maria Ricci au XXe siècle.

Tout au long de sa carrière, Luis Cercós a collaboré avec de grandes institutions culturelles et académiques. Il développe aujourd’hui plusieurs projets liés à la gestion du patrimoine historique, à la théorie de la restauration et à la préservation du savoir encyclopédiste. Dans ce cadre, son engagement dans la restauration de la bibliothèque de la Maison La Rose constitue un jalon fondamental dans l’évolution de sa carrière, réaffirmant son attachement à la transmission et à la conservation du patrimoine matériel et intellectuel de l’humanité.

LC, Paris, 2025.